Bleu Kelsch

Les noyaux de cerise dorés

Légende tirée du livre de Gabriel Gravier « légendes d’Alsace »

Jerry, un jeune berger gardait les bêtes du garde forestier sur les pentes du Haut Koenigsbourg. Un dimanche le jour de son anniversaire il s’ennuyait bien fort.

Alors il escalada les hauts rochers qui dominaient le pâturage. « Ces rochers sont ensorcelés, avait dit maintes fois le garde forestier, et nul n’a jamais pu en faire l’ascension et en redescendre vivant »

Le garçon tout en songeant à ces propos se jugea capable de tenter l’aventure, d’autant plus que les sorcières, fatiguées de leur nuit de sabbat, ne viendraient sûrement pas roder près de la falaise en plein jour surtout un dimanche. Il grimpa à travers les arbustes et les éboulis et parvint au sommet de la falaise. Il fut surpris d’y trouver, bien propres, un peu dorés, des noyaux de cerise répartis en neuf tas comprenant chacun quatre de ces boules minuscules : trois à la base et une par-dessus.

« Si j’avais un lanceur, pensa t’il je pourrais jouer au petit tas » Il découvrit un gros noyau et s’en servit pour viser les quatre petits du 1er tas qui se mirent à rouler les uns autour des autres au bord du rocher pour tomber un peu plus bas tous au même endroit. Il fit ainsi de suite pour les autres tas. A la fin le lanceur devint une grosse boule d’or. Elle s’échappa des mains de Jerry et s’en fut tomber au milieu des petits noyaux. Le berger se mit à plat ventre et regarda en bas sans craindre le vertige. Il y vit un petit homme portant une belle et longue barbe la tête coiffée d’un bonnet pointu. Le nain leva les yeux vers Jerry et d’un air attristé lui montra le sachet de pièces d’or qu’il tenait ouvert dans sa main gauche. Puis il dit « Gros bêta ! » Vite le berger redescendit du haut des rochers pour rejoindre le petit bonhomme, mais il ne le vit plus, et jamais il ne put le retrouver.

Par la faute du jeu, le garçon venait de perdre le trésor que le nain de la montagne voulait lui offrir pour son anniversaire.


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